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Gérard Faivre créateur du concept « Art Homes »

L’architecte d’intérieur Gérard Faivre est un homme à part. Il a choisi de vivre son métier en créant des œuvres uniques. Il s’entoure des meilleurs artisans pour traduire ses pensées en réalités.

Agora Blog : Sur vos chantiers, comment se passe la collaboration avec les professionnels comme ROGER DUBOIS ?
Gérard Faivre : C’est tout simple : en tant qu’architecte d’intérieur, nous avons des envies, mais nous ne sommes pas capables de tout réaliser. Chacun son travail. En m’adressant à des compétences, des savoir-faire, à qui je formalise ce que je veux, nous aboutissons à la réalisation de ce dont nous avons pu rêver.

AB : La vue globale du projet vous revient ?
GF : Oui, et quand je suis sur un chantier, je me dis que je ne suis pas plombier, je ne suis pas électricien, j’ai besoin de ces artisans pour donner corps à mon projet. Cela peut être un appartement parisien ou une propriété. J’en réalise dans le sud de la France et je compte développer le concept sur l’île de Saint Barthélémy.

AB : Pouvez-vous en dire plus sur votre concept ?
GF : À la différence de mes confrères, je ne démarre pas le projet à la demande d’un client. Je fais la démarche inverse. J’achète des appartements, les agence, les rénove, les décore et les vend clés en main.

AB : Si je suis un particulier, je peux vous engager ?
GF : Non. Cette démarche ne m’intéresse pas, car je ne tiens pas à imprimer mon style. Je veux une liberté totale dans mes projets. Je recours souvent à cette image pour expliquer ma démarche ; je me considère plutôt comme un « artiste ». Un peu comme un peintre, je réalise des tableaux, uniques. La différence avec mon « tableau d’intérieur » est que l’acheteur a la possibilité de le « retoucher » s’il désire changer une couleur, par exemple, nous sommes à son écoute. En moyenne, cela leur convient à 90 %. Les 10 % restent leur marge de personnalisation.

AB : Vos idées ne se répètent-elles pas ?
GF : Chaque appartement que nous transformons est toujours unique, et je mets un point d’honneur à ne pas imprimer ma marque. Du coup, je suis décideur du décor. Avec les  intervenants, les artisans qui travaillent sur le chantier, je tisse une association de leur savoir-faire avec mes envies. Il m’arrive de puiser mon inspiration dans les tendances et lorsque je vois une bonne idée, je l’aménage. Au bout du compte, il y a forcément une « patte » Gérard Faivre, mais mon impulsion première est motivée par un lieu de prestige que je vais repenser de façon à ce qu’il plaise à un client potentiel.

AB : Comment vous est venue cette idée de démarcher « à l’envers » ?
GF : Je me suis mis dans la peau d’un étranger qui a envie d’un pied-à-terre en France. Ce sont des gens fortunés qui veulent des endroits à la mesure de leur niveau de vie, parfois des 1.000 m2. Quand ils ont trouvé l’agent immobilier, ce dernier cherche le bien, plie l’affaire et disparaît. Le client doit alors rencontrer l’architecte, il repart, il revient, c’est compliqué à gérer. Sans oublier que l’architecte doit être à l’écoute de ce client, qui a sa propre culture et impose ses envies : c’est souvent castrateur pour l’architecte, cela demande des modifications, des ajustements…et au bout du compte, cela dure un an, un an et demi. Mais quand on est fortuné, on veut tout, tout de suite. C’est pourquoi j’ai pris les choses à l’envers : laisser libre cours à ma créativité pour livrer un bien « prêt à vivre » et chercher à rencontrer le client à qui va plaire ma réalisation. Ce contact se fait soit en direct, soit via mon site internet ou mon agence. Là, il voit les photos des dernières réalisations et si cela lui convient, il rappelle et vient nous voir. Il arrive qu’il dise : « J’adore, mais pas cette couleur », on lui répond « On va vous aider à être chez vous ». Ainsi une fois l’acte de vente signé, le client peut dormir le soir même « chez lui ».

AB : En domotique, ce sont vos clients qui prescrivent leurs envies ?
GF : En domotique, j’estime qu’il y a plus matière dans des propriétés avec des extérieurs. La gestion des volets à distance, la possibilité de créer des scénarios de musique à l’intérieur et en extérieur… Mais rien ne sert de la pousser trop loin dans un appartement. Nous faisons donc une installation et le client va pouvoir, selon ses envies et besoins, amplifier la couverture domotique. Il se tourne alors vers notre partenaire ROGER DUBOIS, par exemple, et, selon qu’il est fan de musique, de cinéma, ou pour allumer son chauffage avant d’arriver, il ajoute des fonctions. Il est vrai que plus la clientèle est jeune, plus la domotique les intéresse. On ne peut pas faire l’impasse sur certaines prestations, mais je dois considérer que je n’ai pas de client, au départ, et que je suis tenu à un prix de revient. On place un réseau, et le client verra ce qu’il veut en faire.

AB : Une fois qu’il a pris possession des lieux, votre acheteur peut demander des changements ?
GF : Oui. Nos biens sont vendus avec un service de conciergerie offert pendant un an. Le client peut s’adresser à cette conciergerie pour demander toutes sortes de choses. Quel que soit le besoin, sa demande est reportée sur les artisans qui interviendront.

AB : Il arrive que le client vous fasse changer des éléments qu’il juge trop luxueux ?
GF : J’ai un souvenir récent qui va à l’inverse ! J’avais installé de belles suspensions dans un appartement mais  la cliente m’a appelé pour me dire qu’elle venait d’acheter quatre suspensions de la cristallerie Baccarat à 150.000 euros pièce et souhaitait les mettre dans l’appartement. Je les ai remplacées, de toute façon cela n’aurait pas été raisonnable pour moi d’installer des Baccarat dès le début.

D’autre part, il faut savoir que les appartements sont vendus tout équipés, à l’exception des œuvres d’art, qui sont indispensables pour accentuer le côté unique du lieu. J’offre la possibilité à des artistes « jeunes » ou « confirmés » d’exposer leur travail dans des lieux de prestige, mais je laisse le choix au futur propriétaire de les acquérir, ou non, si le coup de cœur est au Rendez-Vous.



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